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Point marché hebdomadaire

Le choc iranien rallume l'inflation :
guerre rouverte, détroit d'Ormuz bloqué,
la Banque Centrale Européenne relève ses taux

Semaine du 8 au 14 juin 2026
Inflation américaine à 4,2% (plus haut depuis 3 ans) · Banque Centrale Européenne +0,25 point le 11 juin · Pétrole Brent à 95 dollars · Nouvelles frappes américaines en Iran
Vue d'ensemble

La trêve iranienne vole en éclats : l'énergie repousse l'inflation et change la donne monétaire

Une semaine dominée par le retour de la guerre. La trêve de deux semaines qui avait rouvert le détroit d'Ormuz s'effondre : les États-Unis frappent l'Iran deux jours de suite (10 et 11 juin) et Téhéran affirme bloquer « totalement » le détroit. Conséquence immédiate : l'inflation américaine bondit à 4,2% sur un an, son plus haut depuis trois ans, tirée par l'énergie. Dans ce climat, la Banque Centrale Européenne relève ses taux de 0,25 point le 11 juin (taux de dépôt porté à 2,25%), sa première hausse depuis 2023. Les Bourses tiennent malgré tout : le pétrole Brent reste autour de 95 dollars, l'euro faiblit à 1,1533 dollar et l'or, contre toute attente, recule près de ses plus bas de sept mois.

Le choc : l'inflation américaine repart, portée par l'énergie
+4,2%
Inflation américaine sur un an (mai)
plus haut depuis trois ans, l'énergie pèse pour 60% de la hausse mensuelle
  • Énergie en hausse de 23,5% sur un an après le blocage du détroit d'Ormuz
  • Nouvelles frappes américaines en Iran les 10 et 11 juin
  • Pétrole Brent autour de 95 dollars, gaz européen au-dessus de 50 euros
  • Bon signe rassurant : l'inflation hors énergie ne monte que de 0,2% sur le mois
La réponse : la Banque Centrale Européenne relève ses taux
2,25%
Taux de dépôt de la Banque Centrale Européenne après la hausse du 11 juin
première hausse depuis 2023
  • Hausse de 0,25 point, de 2,00% à 2,25%, sans surprise
  • Prévision d'inflation relevée à 3,0% pour 2026, croissance abaissée à 0,8%
  • Les marchés anticipent une à deux hausses supplémentaires d'ici fin 2026
  • L'euro recule à 1,1533 dollar, au plus bas depuis plus de deux mois
Pourquoi cette semaine compte vraiment
Le fil rouge est simple : la guerre renchérit l'énergie, l'énergie nourrit l'inflation, et l'inflation force les banques centrales à durcir le ton. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, est de nouveau menacé. Le prix de l'énergie remonte, fait grimper les indices de prix, et oblige la Banque Centrale Européenne à relever ses taux malgré une croissance faible. C'est le scénario que les économistes redoutent : une inflation venue des coûts (l'énergie), et non de la demande, plus difficile à combattre.
Ce que ça signifie pour vous
Des taux qui remontent, c'est une mauvaise nouvelle à court terme (crédit immobilier qui se tend, valeurs technologiques sous pression) mais une bonne nouvelle durable pour l'épargnant : les fonds en euros de l'assurance-vie et les obligations vont se revaloriser grâce aux nouveaux emprunts émis à des taux élevés. Le réflexe gagnant reste le même : un patrimoine diversifié, qui ne dépend ni des seules valeurs technologiques américaines, ni du seul pétrole. Surveillez de près la suite des opérations militaires en Iran : c'est le principal facteur de risque des prochaines semaines.
Chronologie

Du 8 au 14 juin : la guerre reprend, l'inflation flambe, la Banque Centrale Européenne durcit le ton

Jour par jour, semaine du 8 au 14 juin
Lun. 8 juin

Le rebond des semi-conducteurs cale, Wall Street hésite

Après une brève tentative de rebond, les valeurs de puces électroniques rechutent. L'indice élargi américain, le Standard & Poor's 500, recule légèrement à 7 406 points et l'indice technologique Nasdaq cède du terrain, sur fond de tensions persistantes au Proche-Orient.

Mar. 9 juin

L'attente avant l'inflation américaine, le pétrole se stabilise

Les marchés patientent avant deux rendez-vous majeurs : l'inflation américaine (mercredi) et la décision de la Banque Centrale Européenne (jeudi). Le pétrole Brent se stabilise autour de 95 dollars. La Bourse de Paris (indice CAC 40) gagne 0,1%.

Mer. 10 juin

Inflation américaine à 4,2% et reprise des frappes américaines en Iran

L'inflation américaine ressort à 4,2% sur un an, plus haut depuis trois ans, portée par l'énergie. Les États-Unis lancent une nouvelle vague de frappes sur l'Iran. La Bourse de Paris recule de 0,5% à 8 162 points ; le détroit d'Ormuz est de nouveau sous tension.

Jeu. 11 juin

La Banque Centrale Européenne relève ses taux, deuxième jour de frappes, Oracle chute

La Banque Centrale Européenne relève ses taux de 0,25 point (dépôt à 2,25%), première hausse depuis 2023. Deuxième journée de frappes américaines en Iran ; Téhéran affirme bloquer le détroit d'Ormuz. L'éditeur de logiciels Oracle plonge de près de 9% sur ses dépenses d'investissement dans l'intelligence artificielle.

Ven. 12 juin

Les Bourses digèrent, l'euro reste faible, l'or proche de ses plus bas

Les marchés terminent la semaine en ordre dispersé. L'euro reste sous pression à 1,1533 dollar, au plus bas depuis plus de deux mois. L'or se maintient près de ses plus bas de sept mois, pénalisé par la hausse des taux et la force du dollar, malgré la guerre.

Sam.-dim. 13-14 juin

Le détroit d'Ormuz au cœur de toutes les attentions

Le week-end reste suspendu à l'évolution militaire en Iran et à l'état réel du trafic dans le détroit d'Ormuz. Prochaine échéance attendue : la réunion de la Réserve fédérale américaine, qui devra arbitrer entre une inflation à 4,2% et un marché de l'emploi qui montre des signes de faiblesse.

Le retour de la guerre : les États-Unis frappent l'Iran deux jours de suite

La trêve de deux semaines, qui avait rouvert le détroit d'Ormuz, s'effondre. Les États-Unis frappent l'Iran les 10 et 11 juin. Téhéran affirme avoir fermé totalement le détroit d'Ormuz, touché deux navires et abattu un hélicoptère américain ; le commandement américain dément la fermeture. Le détroit achemine environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial.

Inflation américaine à 4,2% : l'énergie fait flamber les prix

L'indice des prix à la consommation américain grimpe de 4,2% sur un an en mai, plus haut depuis trois ans. L'énergie bondit de 23,5% sur un an et explique plus de 60% de la hausse du mois. Mais l'inflation hors énergie et alimentation ne progresse que de 0,2% sur le mois : le choc reste, pour l'instant, concentré sur l'énergie.

La Banque Centrale Européenne relève ses taux pour la première fois depuis 2023

Le 11 juin, la Banque Centrale Européenne porte son taux de dépôt à 2,25% (+0,25 point). Elle relève sa prévision d'inflation à 3,0% pour 2026 et abaisse la croissance à 0,8%. L'inflation de la zone euro était de 3,2% en mai. Les marchés s'attendent à une à deux hausses de plus d'ici la fin de l'année.

Oracle plonge : le doute grandit sur les dépenses d'intelligence artificielle

L'éditeur de logiciels Oracle chute de près de 9% : ses dépenses d'investissement explosent à 55,7 milliards de dollars (contre 50 prévus) et atteindraient 70 milliards en 2027, pour une trésorerie nette négative de 23,7 milliards. Un cabinet enquête sur d'éventuelles informations trompeuses. Le scepticisme sur la rentabilité de l'intelligence artificielle perdure.

Le choc de la semaine

Détroit d'Ormuz : la guerre reprend et l'énergie devient le moteur de l'inflation

DÉTROIT D'ORMUZ — TRAFIC FORTEMENT RÉDUIT
Brent à 95 dollars le 11 juin (+34% sur un an). Les États-Unis frappent l'Iran deux jours de suite ; Téhéran affirme bloquer le détroit. Environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial y transite normalement.
0%
trafic bloqué
Le détroit à nouveau quasi fermé
Après la rupture de la trêve, le trafic maritime s'effondre de nouveau. L'Iran dit bloquer « totalement » le passage ; les marchés tablent sur une fermeture quasi complète, même si les États-Unis la contestent.
Le paradoxe : la guerre flambe, mais le pétrole reste « seulement » à 95 dollars
Une fermeture totale du détroit ferait normalement exploser le pétrole bien au-delà de 150 dollars. Or le Brent — le cours de référence du pétrole en Europe, qui sert à fixer les prix à la pompe en France — reste autour de 95 dollars. Pourquoi ? Parce que les approvisionnements venus d'en dehors du Golfe ont compensé près de 90% des pertes, et parce que la demande chinoise reste faible. Le risque géopolitique est réel, mais en partie absorbé pour l'instant.
Trois scénarios pour les semaines à venir
1. Tension prolongée, approvisionnements de secours (45%) → pétrole 90 à 105 dollars, forte volatilité
2. Blocage durable et effectif du détroit (35%) → pétrole au-dessus de 120 dollars, nouvelle vague d'inflation
3. Retour rapide d'un cessez-le-feu (20%) → pétrole sous 85 dollars, détente sur les prix
Politique monétaire & inflation

La Banque Centrale Européenne relève ses taux ; l'inflation américaine au plus haut depuis trois ans

Banque Centrale Européenne : hausse actée le 11 juin
2,25%
Taux de dépôt après la hausse de 0,25 point
première hausse depuis 2023
Une banque centrale prise en étau
La Banque Centrale Européenne a relevé son principal taux de 2,00% à 2,25% le 11 juin, après un an de pause. Elle a relevé sa prévision d'inflation à 3,0% pour 2026 (contre 2,6% auparavant) et abaissé sa prévision de croissance à 0,8%. L'inflation de la zone euro était de 3,2% en mai, bien au-dessus de la cible de 2%. Les marchés anticipent une à deux hausses supplémentaires d'ici la fin de l'année.
Conséquences directes en France
L'Obligation France à 10 ans reste contenue autour de 3,57%, l'emprunt d'État allemand à 10 ans (le Bund) à 3,07%. Pas de baisse du crédit immobilier en vue. Mais le bon côté pour l'épargnant : ces taux élevés vont revaloriser les fonds en euros et les obligations à partir de 2027.
Inflation américaine : 4,2%, plus haut depuis trois ans
4,2%
Hausse des prix à la consommation aux États-Unis sur un an (mai)
conforme aux attentes, mais énergie en cause
Une mauvaise nouvelle… moins grave qu'il n'y paraît
Les prix américains ont grimpé de 0,5% sur le seul mois de mai et de 4,2% sur un an, leur plus forte hausse depuis avril 2023. Mais c'est presque entièrement l'énergie (+23,5% sur un an) qui est en cause, pour plus de 60% de la hausse. L'inflation hors énergie et alimentation n'augmente que de 0,2% sur le mois, ce qui a rassuré : le choc reste concentré sur le carburant et le chauffage.
Réserve fédérale américaine : prochain rendez-vous décisif
L'emprunt d'État américain à 10 ans s'est replié à 4,52% après l'inflation, soulagé par le cœur des prix modéré. Une hausse de taux de la Réserve fédérale américaine d'un quart de point en décembre reste anticipée. Les inscriptions au chômage ont atteint leur plus haut niveau depuis quatre mois : l'économie américaine montre ses premières fissures.
À retenir
Des deux côtés de l'Atlantique, le message est le même : les taux d'intérêt resteront élevés plus longtemps que prévu, parce que la guerre renchérit l'énergie et nourrit l'inflation. Pour vos clients, cela signifie un crédit qui reste cher, mais une épargne sans risque (fonds en euros, obligations) qui redevient enfin rémunératrice.
Gestion de patrimoine

Ce que cette semaine change pour vos placements

Fonds en euros (Assurance-vie)
La hausse des taux de la Banque Centrale Européenne est une excellente nouvelle : les assureurs réinvestissent dans des obligations qui rapportent près de 4%. Les rendements 2026 et surtout 2027 devraient progresser.
→ Privilégier les versements sur les fonds en euros nouvelle génération.
Actions (en direct ou unités de compte)
Les valeurs technologiques américaines restent volatiles (Oracle -9%, doutes sur l'intelligence artificielle), mais l'Europe, l'énergie, la défense et les banques tiennent bon.
→ Diversifier au-delà des seules grandes valeurs technologiques.
Obligations (fonds obligataires)
La remontée des taux fait temporairement baisser la valeur des obligations déjà émises, mais améliore le rendement des nouvelles. C'est un point d'entrée intéressant sur le long terme.
→ Verrouiller des obligations longues pendant que les taux sont hauts.
Immobilier et pierre-papier
L'Obligation France à 10 ans à 3,57% maintient le crédit immobilier cher (autour de 3,1 à 3,3% sur 20 ans). Pas d'accalmie attendue avant 2027.
→ Acheter maintenant et renégocier plus tard plutôt qu'attendre une baisse incertaine.
Or et valeurs refuges
Paradoxe de la semaine : l'or recule près de ses plus bas de sept mois, pénalisé par la force du dollar et la hausse des taux, malgré la guerre. Le repli est une occasion.
→ Maintenir 5 à 10% du patrimoine en or, renforcer sur la faiblesse.
Épargne réglementée (Livret A, développement durable)
Le Livret A reste à 1,7% jusqu'à sa révision du 1er août : avec une inflation qui remonte, un relèvement est désormais possible. À garder pour l'épargne de précaution.
→ Garder le plafond pour la trésorerie, viser les fonds en euros au-delà.
Taux & devises

Taux d'intérêt et monnaies : le dollar fort, les taux européens qui montent

Taux des emprunts d'État à 10 ans (11 juin 2026)
Emprunt d'État américain à 10 ans 4,52% (replié après l'inflation)
Emprunt d'État allemand à 10 ans (le Bund) 3,07% (proche de ses plus hauts de 2 mois)
Obligation France à 10 ans 3,57% (au plus bas depuis avril)
Obligation Italie à 10 ans ≈ 3,55% (écart avec la France quasi nul)
Écart France / Allemagne 0,50 point (stable)
Une anomalie historique : la France et l'Italie au coude-à-coude
Fait rare : l'écart de taux entre la France et l'Italie a quasiment disparu, l'Italie empruntant parfois moins cher que la France. La dette italienne attire de nouveau les investisseurs, tandis que la France reste surveillée pour ses finances publiques. L'Obligation France reste toutefois maîtrisée à 3,57%.
Monnaies et marché des changes
1,1533
Euro / Dollar · 11 juin 2026
Plus bas depuis plus de 2 mois
Euro en baisse de 1,75% sur le mois
Moyenne 2026 : 1,1692
Pourquoi l'euro faiblit face au dollar
Malgré la hausse de la Banque Centrale Européenne, l'euro recule face au dollar. Deux raisons : le dollar joue son rôle de valeur refuge en période de guerre, et la croissance européenne reste faible (0,8% prévu) alors que l'économie américaine résiste. Un euro plus faible renchérit nos importations (énergie, matières premières facturées en dollars) — un facteur de plus pour l'inflation française.
Ce que ça change pour vos clients
Un dollar fort gonfle la valeur en euros des placements américains (actions, obligations en dollars) déjà détenus, mais rend les nouveaux achats plus chers. Pour les voyageurs et importateurs, le carburant et les produits importés coûtent plus cher.
Secteurs

Qui gagne, qui souffre : les grands secteurs face au choc énergétique

Énergie et pétrolières (TotalEnergies)
Le pétrole soutenu par la guerre dope les compagnies
En hausse
Défense et aéronautique militaire
L'escalade militaire en Iran soutient les budgets d'armement
En hausse
Banques européennes
La hausse des taux améliore les marges de prêt
En hausse
Luxe (Hermès, LVMH, L'Oréal)
Résilient, soutenu par la rotation hors valeurs technologiques
Stable
Valeurs technologiques et semi-conducteurs
Oracle -9%, doutes persistants sur les dépenses d'intelligence artificielle
Sous pression
Transport aérien et compagnies
Le kérosène plus cher pèse sur les marges, à l'entrée de l'été
En baisse
Or et mines d'or
Pénalisé par le dollar fort et la hausse des taux, malgré la guerre
En baisse
Obligations et fonds en euros
Se revalorisent grâce aux taux élevés (bénéfice différé)
À renforcer
La logique de la semaine
Une règle simple : tout ce qui profite de l'énergie chère et des taux hauts monte (pétrolières, défense, banques) ; tout ce qui en souffre baisse (transport aérien, valeurs technologiques très endettées, or). D'où l'intérêt d'un portefeuille équilibré entre ces deux camps.
Vie quotidienne

Ce qui change concrètement pour le portefeuille des Français

Carburants : la remontée des prix à la pompe
Gazole (moyenne nationale, mi-juin) ≈ 1,90 €/L (en hausse)
Sans-plomb 95-E10 (moyenne nationale) ≈ 1,97 €/L (en hausse)
Fioul domestique (1 000 litres) ≈ 1 580 € (en hausse)
Gaz naturel européen (référence) 50,3 €/MWh (+ depuis fin mai)
Pourquoi vos factures d'énergie remontent
Le pétrole Brent à 95 dollars (en hausse de 34% sur un an) et un gaz naturel européen au-dessus de 50 euros le mégawattheure se répercutent directement à la pompe et sur les factures de chauffage. La guerre en Iran et la menace sur le détroit d'Ormuz entretiennent cette pression. Un euro plus faible aggrave encore la facture, le pétrole étant payé en dollars.
Crédit immobilier : pas de détente en vue
Taux moyen sur 15 ans ≈ 3,15%
Taux moyen sur 20 ans ≈ 3,30%
Obligation France à 10 ans (référence) 3,57%
Livret A (jusqu'au 1er août) 1,7% (relèvement possible)
Le message pour les clients qui veulent acheter
Avec la Banque Centrale Européenne qui vient de relever ses taux, il ne faut plus espérer de baisse du crédit immobilier avant 2027. Mieux vaut négocier maintenant et renégocier plus tard qu'attendre une accalmie qui ne viendra pas. Côté épargne, la remontée de l'inflation pourrait faire relever le Livret A le 1er août.
Le surcoût concret pour un foyer
Un foyer qui parcourt 13 000 kilomètres par an et se chauffe au fioul peut subir un surcoût de l'ordre de 300 à 450 euros sur l'année si le pétrole se maintient autour de 95 dollars. Les billets d'avion de l'été se renchérissent aussi (le kérosène suit le pétrole). Côté alimentation, la bonne nouvelle est que l'inflation hors énergie reste contenue : la flambée est, pour l'instant, concentrée sur le carburant et le chauffage.
Perspectives

Pistes de positionnement pour les prochaines semaines

Ce que nous surveillons de près

  • L'évolution militaire en Iran et l'état réel du trafic dans le détroit d'Ormuz
  • Le prix du pétrole Brent : un passage durable au-dessus de 120 dollars relancerait l'inflation
  • La prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine, entre inflation à 4,2% et emploi qui faiblit
  • Le ton de la Banque Centrale Européenne sur d'éventuelles hausses supplémentaires

Nos pistes pour les portefeuilles

  • Renforcer les fonds en euros nouvelle génération et les obligations longues, qui profitent des taux élevés
  • Conserver une exposition à l'énergie et aux banques européennes, gagnantes du contexte
  • Réduire la dépendance aux seules grandes valeurs technologiques américaines
  • Maintenir 5 à 10% d'or comme assurance, en profitant du repli actuel pour renforcer

Les risques à ne pas négliger

  • Une fermeture durable du détroit d'Ormuz, qui ferait flamber pétrole et inflation
  • Une correction des valeurs technologiques si les doutes sur l'intelligence artificielle s'amplifient
  • Un euro encore plus faible, qui renchérirait nos importations d'énergie
  • Un ralentissement économique européen plus marqué que prévu (croissance à 0,8%)

Les opportunités à saisir

  • Le repli de l'or offre un point d'entrée pour qui veut se protéger sur le long terme
  • Les obligations à près de 4% permettent de verrouiller un rendement élevé pour des années
  • Le crédit immobilier reste cher, mais négociable, avant une possible baisse en 2027
  • La diversification géographique (Europe, marchés hors États-Unis) protège des secousses américaines
Synthèse

Ce qu'il faut retenir de la semaine du 8 au 14 juin

Les 4 faits marquants de la semaine
1. La guerre reprend : les États-Unis frappent l'Iran deux jours de suite
La trêve qui avait rouvert le détroit d'Ormuz s'effondre. Frappes américaines les 10 et 11 juin ; Téhéran affirme bloquer le détroit, par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz mondial. Le Brent reste autour de 95 dollars.
2. L'inflation américaine bondit à 4,2%, plus haut depuis trois ans
L'énergie (+23,5% sur un an) explique plus de 60% de la hausse. Mais l'inflation hors énergie ne progresse que de 0,2% sur le mois : le choc reste, pour l'instant, concentré sur le carburant et le chauffage.
3. La Banque Centrale Européenne relève ses taux pour la première fois depuis 2023
Taux de dépôt porté à 2,25% (+0,25 point) le 11 juin. Prévision d'inflation relevée à 3,0% pour 2026, croissance abaissée à 0,8%. Une à deux hausses supplémentaires sont anticipées d'ici la fin d'année.
4. Les marchés tiennent, mais l'or et l'euro reculent
Les Bourses résistent ; Oracle plonge de 9% sur ses dépenses d'intelligence artificielle. L'euro tombe à 1,1533 dollar et l'or, contre toute attente, recule près de ses plus bas de sept mois (dollar fort, taux en hausse).
Chiffres clés au 11 juin 2026
Bourse de Paris (CAC 40)≈ 8 160 (léger repli sur la semaine)
Indice américain Standard & Poor's 500≈ 7 390 (quasi stable)
Indice technologique Nasdaq≈ 25 700 (volatil)
Indice industriel Dow Jones≈ 51 000 (résilient)
Inflation américaine (mai)+4,2% sur un an
Pétrole Brent≈ 95 dollars (+34% sur un an)
Or (once en dollars)≈ 4 100 dollars (plus bas de 7 mois)
Euro / Dollar1,1533 (plus bas de 2 mois)
Obligation France à 10 ans3,57%
Taux de dépôt Banque Centrale Européenne2,25% (+0,25 point)
Mot clé de la semaine
L'énergie reprend les commandes. La guerre en Iran et la menace sur le détroit d'Ormuz font remonter le pétrole et l'inflation, forçant la Banque Centrale Européenne à relever ses taux. Pour l'épargnant, cela signifie un crédit qui reste cher, mais des fonds en euros et des obligations enfin rémunérateurs. La diversification, encore et toujours, reste la meilleure protection.
Transparence

Sources

Marchés actions
CNBC, S&P 500 and Nasdaq close lower as chip stock rebound fails, 8 juin 2026
TheStreet, Stock Market Today (June 11, 2026): Nasdaq, S&P 500 rise despite Oracle, Iran strikes, 11 juin 2026
MoneyVox / Boursorama, CAC 40 : clôture en repli sur fond de tensions au Proche-Orient, 10 juin 2026
Inflation et Réserve fédérale américaine
Bureau of Labor Statistics, Consumer Price Index — May 2026, 10 juin 2026
CNBC, CPI inflation report May 2026: prices rose 4.2% annually, 10 juin 2026
Trading Economics, US 10-Year Treasury yield little changed at 4.52% after CPI, 11 juin 2026
Banque Centrale Européenne
Banque Centrale Européenne, Monetary policy decisions, 11 juin 2026
FXStreet, ECB set for first interest-rate hike, with markets wondering if more will come, 11 juin 2026
Trading Economics, Euro Area Interest Rate raised to 2.25%, 11 juin 2026
Iran, détroit d'Ormuz et pétrole
MS Now, U.S. concludes latest Iran strikes, denies Strait of Hormuz closure, 10 juin 2026
Wikipedia / Britannica, 2026 Iran war & 2026 Strait of Hormuz crisis
Fortune, Current price of oil as of June 11, 2026 — Brent near 95 dollars
Devises, or et énergie
Trading Economics, Euro US Dollar Exchange Rate at 1.1533, 11 juin 2026
Fortune, Current price of gold: June 11, 2026 — near seven-month lows
GMK Center, European gas prices at 48–50 €/MWh amid Hormuz tensions, juin 2026
Valeurs technologiques et obligations
TradingKey, Oracle opens down 11% on capex concerns ($55.7B), 11 juin 2026
Trading Economics, Germany 10-Year Bund yield at 3.07%, 11 juin 2026
Trading Economics / Borsa Italiana, France OAT at 3.57%, OAT-BTP spread near zero, juin 2026
Note méthodologique
Données recueillies les 10 et 11 juin 2026 auprès de sources publiques (presse financière, banques centrales, statistiques officielles). Les niveaux de marché sont approximatifs et peuvent évoluer en clôture de semaine. Les prix des carburants français sont des moyennes nationales indicatives, en tendance haussière avec le choc énergétique.
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